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03/04/25 20:38
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Semaine3
Qu'est-ce qu'on attend pour être Idiot ?
Il s'agit d'une semaine "Ensemble, c’est tout"
Date limite pour l'envoi des propositions n°1 : samedi 18 juillet à 18h
Publication des indices n°1 : samedi 18 juillet à 20h
Date limite pour l'envoi des propositions n°2 : samedi 25 juillet à 18h
Publication des indices n°2 : samedi 25 juillet à 20h
La semaine 3 est terminée


score bêtisier
1
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Arabesque imdb
de Stanley Donen (1966)

Brillante comédie policière, "Arabesque" est avant tout un excellent pastiche du cinéma d'Alfred Hitchcock, et plus précisément un hommage amusé à "North by Northwest", multipliant à l'envi les motifs du reflet et du trompe-l'oeil. Stanley Donen lance Gregory Peck et Sophia Loren à la recherche d'un mystérieux hiéroglyphe (indice n° 2), mais il profite surtout d'une intrigue tortueuse pour enchaîner une série de scènes spectaculaires et très maîtrisées : poursuite nocturne dans un zoo, meurtre au milieu d'un hippodrome, tentative d'assassinat à la grue dans un chantier désert, et fuite du héros drogué entre les voitures au milieu d'une route (indice n° 1). Le cinéaste ose même une scène à forte connotation érotique, au cours de laquelle Gregory Peck, amené à se cacher derrière un rideau de douche, assiste un rien gêné, à la toilette de Sophia Loren (image de référence). Pour les mélomanes, un superbe générique d'ouverture sur un thème musical du grand Henry Mancini.

Prince Mishkin
2
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Traitre sur Commande (The Molly Maguires) imdb
de Martin Ritt (1970)

Martin Ritt, réalisateur américain proche du parti communiste, avait été mis sur liste noire durant la chasse aux sorcières et banni plusieurs années des plateaux de télévision. "The Front" ("Le Prête-Nom"), comédie grinçante dans laquelle il dirigea Woody Allen, témoigne de cette sombre période. Tourné quinze ans après "On the Waterfront", "The Molly Maguires" peut être vu comme une réponse à Elia Kazan et son apologie du mouchardage. Bien que situé en 1876 dans une ville minière de Pennsylvanie, le propos du film reste universel et atemporel. Exaspérés par leurs conditions de vie misérables et le mépris de la compagnie qui les exploite, un groupe de mineurs, mené par le bouillant Jack Kehoe (Sean Connery, magistral, indice n° 2), décide de fonder une société secrète — les "Molly Maguires" du titre original — afin de mener des actions de sabotage contre leur employeur. La compagnie engage en retour un détective privé, James McParlan (Richard Harris, dans son meilleur rôle), afin d'infiltrer le groupe "terroriste" et de livrer ses membres aux autorités. Personnage complexe, McParlan est proche des mineurs pour lesquels il éprouve une solidarité instinctive et n'affiche que mépris à l'égard de Davies (Frank Finlay), son contact dans la police (les deux hommes sont réunis dans l'indice n° 1). Seulement, comme il l'avoue lui-même au cours d'une excursion en compagnie de la femme qu'il aime (image de référence), McParlan veut sa place au soleil et ne reculera devant rien pour l'obtenir. Chef-d'œuvre méconnu, "The Molly Maguires" n'a rien perdu de sa force et mérite d'être (re)découvert très vite.

Prince Mishkin
3
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Le Piège (The MacKintosh Man) imdb
de John Huston (1973)

Que l'on aime ou non John Huston, force est de reconnaître que son œuvre est pour le moins hétéroclite et que le meilleur ("The Misfits", "The Dead") y côtoie le pire ("Phobia", "Victory"). Souvent considéré comme une œuvre mineure — et donc négligeable —, "The Mackintosh Man" s'avère être une très bonne surprise. Le cinéaste y aborde le monde de l'espionnage de manière moins radicale que dans "The Kremlin Letter", mais livre malgré tout un excellent film de genre. Le récit tourne autour de Joseph Rearden (Paul Newman, indice n° 2), un mystérieux individu recruté par le directeur du MI5 — Harry Andrews, le "Mackintosh" du titre — afin d'accomplir une obscure mission. Rearden est incarcéré dans une prison britannique (indice n° 1) et doit faire évader Slade (Ian Bannen), un agent double condamné pour haute trahison. Nous nous garderons d'en dévoiler davantage, sinon pour signaler un thème musical inoubliable du regretté Maurice Jarre (Question)

Prince Mishkin
4
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Maldonne pour un Espion (A Dandy in Aspic) imdb
de Anthony Mann (1968)

"A Dandy in Aspic" est le dernier film d'Anthony Mann. Loin des westerns ("Winchester 73"), des films de guerre ("Men in War") ou des super-productions à budget pharamineux ("El Cid"), il s'agit d'une œuvre désenchantée qui investit remarquablement le domaine du film d'espionnage. Eberlin (Laurence Harvey), un agent secret britannique, est chargé par ses chefs d'éliminer Krasnevin, insaisissable espion du KGB. Il est secondé dans sa mission par Gatiss (Tom Courtenay), un homme de terrain qui le déteste (les deux acteurs sont réunis dans l'indice n°1). Or Eberlin et Krasnevin ne sont qu'une seule et même personne. Soucieux de regagner le bloc de l'Est, Eberlin part pour Berlin et fait la connaissance de Caroline, une jeune femme frivole (Mia Farrow, sur l'indice n°2). Nous ne dévoilerons pas la suite de l'histoire, mais le récit tourne vite à la fable cruelle. On retiendra de ce film un climat délétère, proche de celui de "La Lettre du Kremlin", une distribution éblouissante (en plus des acteurs cités : Harry Andrews, Lionel Stander et le comique Peter Cook, dans un rôle d'attaché d'ambassade élégant et cynique), ainsi qu'un superbe générique d'ouverture dur une musique de Quincy Jones (image de référence).

Prince Mishkin
5
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Valse avec Bachir (Vals Im Bashir) imdb
de Ari Folman (2008)

Scalpaf et Mrs Muir
6
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Two Lovers (Two Lovers) imdb
de James Gray (2008)

Les Idiots
7
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
L'échine du diable (El espinazo del diablo) imdb
de Guillermo del Toro (2001)

Scalpaf
8
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Images de la vie (Imitation of Life) imdb
de John M. Stahl (1934)

Scalpaf
9
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Cortex (Cortex) imdb
de Nicolas Boukhrief (2008)

En dépit de critiques moyennes, "Cortex" est aussi réussi que "Le convoyeur", film précédent du réalisateur Nicolas Boukhrief. André Dussolier y joue un ancien flic atteint d'Alzheimer interné dans un établissement spécialisé dans les maladies neurologiques. Soupçonnant, malgré sa maladie, des morts suspectes parmi les patients, ses vieux réflexes de policier le conduisent à mener l'enquête (question). Le réalisateur réussit parfaitement à semer le doute chez le spectateur : le héros est-il réellement confronté à un tueur en série ou est-il victime des effets de sa maladie ? L'atmosphère est particulièrement angoissante, grâce notamment aux personnages inquiétants de l'équipe médicale, et Dussolier est excellent dans ce rôle sobre où les silences en disent plus que les mots. Marthe Keller, dans le rôle d'une patiente très atteinte mais parfois d'une extrême lucidité, est excellente (indice 2). L'indice 1 étant un spoiler, je n'en dirai pas plus...

Mrs Muir
10
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
L'homme léopard (The Leopard Man) imdb
de Jacques Tourneur (1943)

Dernier film fantastique marquant la collaboration entre Jacques Tourneur et le producteur Val Lewton de la RKO, « the Leopard man » ne peut rivaliser avec les chefs d'oeuvre que constituent « la Féline » et « Vaudou ». C'est néanmoins une belle réussite, d'un pur point de vue esthétique, car on y retrouve toute la magie de Tourneur : force de la suggestion et jeu des clairs-obscurs. L'image de pleine lune proposée en question, qui a déconcerté nombre de joueurs, est tirée d'une scène qui constitue un concentré du genre : une jeune fille qui a rendez-vous dans un cimetière avec son amoureux est sauvagement assassinée après la fermeture, une fois la nuit tombée. Rien n'est montré, tout est suggéré. L'angoisse monte quand la jeune fille se retrouve prisonnière à l'intérieur des murs : la pleine lune inquiétante (question), le bruit du vent dans les feuilles, les statues qui semblent s'animer (indice 1). Le meurtre lui-même se passe hors champ, derrière le mur du cimetière où un passant entend les cris de la jeune fille sans pouvoir intervenir. Le meurtrier est-il véritablement le léopard noir échappé d'un cirque de passage ? Entre nous, malgré des similitudes, l'histoire n'a pas la puissance de celle de « la Féline », et n'est pas servie pas d'aussi bons acteurs. En indice 2, l'héroïne actrice de cabaret et son léopard apprivoisé.
Mrs Muir

Il reste que le film, sous son apparence de film à "sketches" inégal, nous livre quelques scènes fortes, difficilement oubliables : celle du cimetière, le tambourinement désespéré d'une main à la porte inexorablement close d'une maison, une jeune femme promenant un léopard apprivoisé en laisse dans une soirée, une danseuse rentrant chez elle après d'être fait tirer les cartes...
Lylah Clare

Mrs Muir & Lylah Clare
11
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
J'ai pas sommeil (J'ai pas sommeil) imdb
de Claire Denis (1994)

Mrs Muir
12
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Les naufragés de l'île de la Tortue (Les naufragés de l'île de la Tortue) imdb
de Jacques Rozier (1976)

Mrs Muir & Clark
13
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Gigolo malgré lui (Deuce Bigalow: European Gigolo) imdb
de Mike Bigelow (2005)

Tout ce qui touche à l’humour régressif a maintenant bonne presse ; il faut voir le bon accueil fait au très fade Délire express ou au très moyen Very bad trip.
Pourtant, il fût un temps pas si lointain que ça où l’humour régressif était banni, les films sortaient en Dvd sans passer par la case écran ou bien bénéficiaient d’une sortie pendant l’été en Vf, bien entendu. Ami cinéphile déviant, toi qui aime le pet et le vomi, il est temps de découvrir l’œuvre de Rob Schneider (indice 1) dont Gigolo malgré lui constitue la pierre angulaire.
Pote d’Adam Sandler ; Rob Schneider est plutôt connu outre manche ; mais complètement ignoré dans nos contrées. Pourtant, Gigolo malgré lui vaut le détour.
Suite de Gigolo à tout prix, Schneider reprend son rôle de Deuce Bigalow et s’expatrie à Amsterdam pour devenir gigolo afin de débusquer un mystérieux tueur (indice 2).
La première qualité des films du comique américain, c’est leur impertinence. Schneider n’hésite pas à aller « à fond » dans le régressif et le trash qui ferait presque passer les films des frères Farrelly pour du Walt Disney. La deuxième qualité, c’est l’interprétation de Rob Schneider tout en sobriété (si, si !!!) ; assez éloigné de l’abatage d’un Will Ferrell ou d’un Jim Carrey.
Je précise aussi pour les fans de South Park, que Schneider fait une apparition récurrente dans un épisode de la série où il se fait égratigner gentiment.

Clark & Xtof
14
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
**
1 pt.
** Format IMDb : 1.85 : 1
Alice n'est plus ici (Alice Doesn't Live Here Anymore) imdb
de Martin Scorsese (1974)

Dans ce film de commande, Scorsese traite un sujet a priori éloigné de ses préoccupations : on est loin de l’univers urbain, noir et masculin de ses premiers films. Il s’en est toutefois emparé, infléchissant le scénario pour en faire une oeuvre personnelle, tant sur le fond que sur la forme.
Sans être un film féministe, « Alice… » brosse le portrait sensible d’une femme tiraillée entre son aspiration à l’indépendance à la suite d’un veuvage qui (croit-elle) lui ouvre les portes de la liberté, et un imaginaire cinéphile (comme celui de Scorsese) largement colonisé par l’imagerie hollywoodienne de la réussite sociale et sentimentale (cf. Les nombreuses références musicales, visuelles ou dialoguées au cinéma dans le film). Scorsese nous montre alors une série de « faux-départs » de l’héroïne, échouant dans des boîtes de nuit minables qui ne lui permettent pas de quitter son job de serveuse, et retombant plus ou moins dans les mêmes écueils, la dépendance aux hommes notamment. Le seul couple stable du film est d’ailleurs celui que forment Alice et son fils de 13 ans, qui se comporte en « petit mec », très attaché à elle. Le mélange d’exaspération et de grande tendresse qui émane des scènes où mère et fils sont ensemble vient peut-être de la relation privilégiée que le cinéaste entretenait avec sa propre mère.
« Alice… » tient du « women’s picture » hollywoodien des années 30 et 40, où l’on voyait des femmes de caractère aux prises avec une réalité difficile, mais intègre des thèmes chers au cinéaste : la violence, la confusion, la frustration, les errances et la recherche d’une seconde chance. La fin traduit l’incapacité de l’héroïne à rester seule, acceptant de vivre avec son cow-boy. Le fait que celui-ci, interprété par Kris Kristofferson, soit beau, tendre, ouvert, rend cette fin assez conventionnelle, mais correspond à la sensibilité de Scorsese, qui s’avouait incapable, à l’instar d’Alice, de vivre seul. Le film comporte également des moments très drôles et nous permet de retrouver avec plaisir Harvey Keitel en amant marié et violent, et de découvrir la très jeune Jodie Foster (indice 1)..
L’ensemble dégage une énergie et un dynamisme typiques du cinéma US des années soixante-dix et marque, à mon sens, la première complète réussite de Martin Scorsese.

avec Mrs Muir

Lylah Clare & Mrs Muir
15
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Les cracks imdb
de Alex Joffé (1968)

Alex Joffé n’a pas eu de chance. Malgré une reconnaissance critique et une poignée de bons films (Fortunat, les Culottes rouges) il est peu à peu tombé dans l’oubli. C’est dommage, surtout quand on redécouvre son ultime film : les Cracks.
Prenant comme cadre la course cycliste Paris/San Remo ; les Cracks est un festival de gags et de trouvailles burlesques. Le film de Joffé est sans cesse inventif et ne subit aucune baisse de rythme parfois fatal à une comédie. A cela, il faut ajouter une magnifique photo (les couleurs sont éclatantes) et une belle brochette de comédiens : Bourvil (acteur fétiche de Joffé), Robert Hirsch (question), Monique Tarbès (indice 2) et Patrick Préjean. Les Cracks que j’avais découvert assez jeune et qui m’avait laissé un beau souvenir n’a pas pris une seule ride. Le film qui a un côté très BD, possède le charme des comédies populaires d’antan.
En indice 1, on retrouve un running gag du film,mais je ne vais rien dévoiler !
Petite anecdote malheureuse : c'est sur le tournage des Cracks que Bourvil eu son grave accident (un triporteur lui est tombé dessus) qui est à l'origine de son décès quelques années plus tard.

Clark
16
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Temporada de patos imdb
de Fernando Eimbcke (2004)

Parfois, il suffit de rien pour réussir un film. Prenons le cas de Temporada de Patos : un lieu unique, seulement 4 acteurs (indice 2) et c’est parti ! Résumons les choses ; c’est dimanche, Flama et Moko, 2 amis, s’apprêtent à passer une journée banale ; mais voilà qu’un livreur de pizza et une jolie voisine vont s’inviter. Les quatre lascars passent alors l’après-midi de leur vie entre cours de cuisine (indice 1), jeux vidéo et consommation de drogues.
Des personnages attachants, un humour décalé, font de ce film un pur bonheur. Mais, la grande force de Temporada de Patos est de savoir surprendre le spectateur en offrant des moments à la limite du fantastique (cf question) qui nous révèlent les failles des personnages.
Le film de Fernando Eimbcke nous fait l’effet d’une fête réussie : on partage de bons moments avec les convives et on est tout triste de les quitter.
Après Temporada de patos, Fernando Eimbcke réalisera un autre film : Lake Tahoe (où on retrouve Diego Catano,l’acteur frisé de l’indice 1) qui fonctionne aussi à l’économie de moyens mais qui, malheureusement, est inférieur à son premier film. Néanmoins le mexicain reste un réalisateur à suivre.

Clark
17
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Le Goût du saké (Sanma no aji) imdb
de Yasujiro Ozu (1962)

Pendant longtemps je ne voulais pas voir un film d’Ozu. Peur de l’ennui ou je ne sais quoi d’autre. La découverte tardive du Goût du saké a été un énorme choc. Certes, au début, on se dit que ça va être long et bien, non ; on se laisse happer par l’histoire de ce père (Chishu Ryu, indice 2) qui cherche à marier sa fille malgré son appréhension de la solitude.
Yasujiro Ozu reprend une de ses thématiques favorites ; à savoir l’ancien contre le moderne ; il se fait le témoin d’un monde et des valeurs qui disparaissent, ce qui donne une tonalité mélancolique à ses films.
Mais ce qui frappe avant tout dans les films en couleurs du maître japonais c’est leur beauté. Impossible de ne pas être touché par le choix des couleurs, du cadrage et de la musique.
Un film bouleversant qui fait que depuis j’essaie de me rattraper et donc de visionner d’autres films d’Ozu.
Mieux vaut tard que jamais !

Clark & Xtof
18
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Hustle & Flow imdb
de Craig Brewer (2005)

Ceux qui ont lu l’excellent livre de Peter Biskind Sexe, mensonge et Hollywood ; savent que le cinéma indépendant américain est très mal en point. En effet, rares sont les films et réalisateurs indépendants qui émergent. Au sein de ce contexte, la découverte d’un réalisateur tel que Craig Brewer fait du bien.
En visionnant Hustle and Flow (produit par John Singleton), puis son film suivant Black Snake Moan ; on constate que l’on tient là un vrai auteur avec un univers original et personnel.
Pourtant rien n’est plus casse-gueule que le sujet d’Hustle and Flow : un mac veut se lancer dans le hip hop avec l’aide de ses putes. Le style Brewer c’est des dialogues soignés, une excellente direction d’acteurs (tous sont excellents avec notamment Terence Howard, indice 1 et Taryn Manning, question) et une mise en scène qui n’hésite pas à « prendre son temps » pour laisser vivre ses protagonistes.
On ressent chez le réalisateur américain un réel amour pour ses personnages de marginaux.
Craig Brewer confirmera tout le bien que l’on pense de lui avec son film suivant : l’excellent Black Snake Moan. Moi qui suit plutôt fan de rock et de pop, je ne pensais pas un jour me passionner pour un film sur le hip hop ; je ne peux que vous conseiller de vite découvrir Hustle and Flow.

Clark
19
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Boom! (Boom) imdb
de Joseph Losey (1968)

Boom est l’un des films préférés de John Waters, ce qui pose un film comme pas deux. Une milliardaire recluse sur une île sarde violemment cinégénique est rejointe par un étrange visiteur à la fois poète, gigolo, jet-setter et Ange de la Mort (le Prince Myschkin, quoi !). Comme elle est névropathe, dominatrice et addict aux cachets de toutes sortes, la rencontre va faire des étincelles, d’autant que le script pas léger-léger est signé Tennessee Williams, le champion toutes catégories des refoulements qui explosent. Si Losey rate un peu la confrontation Taylor/Burton qui advient à moitié film et patine dangereusement dans la choucroute, on ne peut que rester admiratif devant tout ce qui est « art-direction », soit les costumes blancs de Miss Booby Taylor et l’hallucinant décor de Richard MacDonald. La villa construite sur une falaise était d’une telle beauté que Taylor et Burton se proposèrent de l’acheter après le tournage - ils en furent dissuadés par Losey qui leur expliqua que ce n’était qu’un décor sans eau ni électricité. Petit détail pour les êtres fragiles (du genre de Clark qui hait ce film) : Boom donne vraiment le vertige, mieux vaut ne pas avoir peur du vide, sinon le regarder peut donner le frisson (dans la culotte ou pas !).

Xtof
20
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Le ciel est à vous (Le ciel est à vous) imdb
de Jean Grémillon (1944)

Michel Bouquet, tout au long de ses interviews, n’a cessé de raconter qu’il n’avait jamais travaillé qu’avec un seul génie dans sa carrière : Jean Grémillon.
Il y a pourtant comme une malédiction qui fait de ce cinéaste français, l’un des plus grands, un éternel méconnu qui n’occupera jamais les places d’honneur tenues par Renoir, Pialat ou Bresson. L’ambiguïté qui sous-tend ses meilleurs films n’aide pas à lui assigner une place bien définie. Ainsi le Ciel est à Vous peut se voir comme une histoire exemplaire sur le courage et la persévérance des sans-grade aussi bien qu’un drame de l’orgueil et de l’obsession. L’aviation féminine y apparaît à la fois comme un sport périlleux, une revanche sociale et un aphrodisiaque. Si Madeleine Renaud parvient à être supportable, Charles Vanel compose un personnage inoubliable de mari aimant, effacé et confiant. Dans l’un des plus beaux moments du film, il évoque même un Spencer Tracy qui aurait troqué le désir meurtrier de vengeance à l’œuvre dans Fury contre une terrible soumission à l’opprobre populaire. C’est qu’il est déconseillé de s’élever dans cette France répugnante de l’Occupation, surtout quand on est une femme et que l’on délaisse ses enfants pour un bimoteur. Grémillon rend admirablement le poids d’une société fermée et pourrissante où à l’image du premier plan brebis blanches et orphelins en uniforme noir ne seront tolérés qu’à condition de ne quitter ni le troupeau, ni leur rangs. Il faut découvrir ce vibrant éloge à la liberté qu’est le Ciel est à Vous.

Xtof
21
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Le sifflement de Kotan, aka Whistling in Kotan, aka Whistle in My Heart (Kotan no kuchibue) imdb
de Mikio Naruse (1959)

L’évènement cinéphilique de l’été dernier fut la diffusion sur CinéClassic d’un cycle Mikio Naruse incluant près d’une dizaine d’inédits. A notre goût, la triade de grands réalisateurs japonais Mizoguchi/Ozu/Kurosawa gagnerait grandement en remplaçant le dernier par Naruse. Pour s’en convaincre, voici le Sifflement de Kotan - rareté sur un village Aïnu, peuplade minoritaire d’Hokkaïdo en butte au racisme ordinaire. Un trio d’enfants et d’adolescents y est suivi dans la découverte de leur « différence ». Le film se paie le luxe d’être à la fois classique et d’un modernisme invraisemblable. Si l’enterrement de l’indice 1 ne déparerait pas dans My Darling Clementine de Ford, la vibration émotionnelle de certains passages n’est pas loin du Sirk d’Imitation of Life tourné la même année et dont certains motifs sont curieusement communs. Ajoutons qu’à mi-film un personnage y disparaît sans laisser de trace anticipant d’un an sur l’Avventura. Sur le fond, Le Sifflement de Kotan est l’un des films les plus tristes du monde parcouru par la terrible prescience de Naruse, pour qui la vie est une lente dégringolade jusqu’au terme final. J’ai cité Sirk plus haut mais Naruse n’a aucun second degré « camp » dans sa pratique du mélodrame et d’ailleurs, ce terme ne lui sied qu’à moitié. Naruse ne pratique pas l’outrance pour faire réagir à tout prix le spectateur. Il est calme, posé et profondément désespéré (une astuce intraduisible en japonais arrive à « Monsieur l’Inconsolable » à partir de son nom). C’est pourquoi les rares moments de communion et de proximité entre ses acteurs ne peuvent laisser indifférents. Au plan de fin du Sifflement, deux enfants s’éloignent sur une route - les personnages de Naruse sont avant tout des marcheurs - et presque insensiblement, ils en viennent à se serrer la main, un tout petit geste pour se donner du courage et contrer l’avalanche de catastrophes qui a précédé. Le Sifflement de Kotan, simplement, est un film inoubliable.

Xtof & Clark
22
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
**
1 pt.
** image non extraite du film à trouver
Vérités et mensonges, aka F for Fake (Vérités et mensonges) imdb
de Orson Welles (1974)

Dernier long-métrage terminé par Welles, F for Fake a plutôt mauvaise presse. Le film a contre lui d’être emberlificoté à l’extrême, prêchant le faux et le vrai dans un même mouvement indécidable. Le secret pour goûter pleinement ces « Vérités et Mensonges » est de maîtriser un tant soit peu les deux histoires principales que traite Welles. Pour se faire, rien de mieux que de voir en premier lieu, The Hoax, (d’où l’indice 1), le film de Lasse Hallström retraçant les mésaventures de Cliffrod Irving, auteur d’une fausse bio de Howard Hughes mais vrai biographe d’Elmyr de Hory, célèbre faussaire et l’un des pivots avec Irving du F for Fake de Welles. C’est bon ?, tout le monde suit ? Prévenons que le Hallström, anodin sans plus, est très bien informé et qu’il permet de s’orienter dans le foisonnant documenteur de Welles sur - entre autres - l’une des plus grandes supercheries littéraires du siècle. Prenons de la hauteur : F for Fake est un film éminemment wellesien sur les puissances du faux. Derrière le ton léger et blagueur, un relativisme absolu proche du tragique. Seuls de petits arrangements avec les prétendues vérités permettent de vivre. Le metteur en scène, le peintre et l’écrivain en ont tiré tous trois les conséquences. Mais pour avoir trop joué avec les apparences, ils paieront chacun le prix fort - Irving avec de la prison, Welles en n’achevant plus aucun film notable et De Hory en se suicidant trois ans après le tournage.

Xtof
23
Quel film ?
3 pt.
*
2 pt.
1 pt.
* si problème de lecture, clic droit de la souris + "enregistrer la cible du lien sous"
Jours d'hiver (Fuyu no hi) imdb
de Kihachiro Kawamoto (supervision) (2003)

“Fuyu no hi” est une oeuvre collective d’animation, qui est l'adaptation d'un renku (suite de haïkus) du poète Bashô (pour les distraits au fond de la classe, il vécut au XVIIème siècle et fut le premier grand maître du haïku). Le principe en a par la suite plus ou moins été repris et simplifié par les surréalistes dans leurs cadavres exquis : pour faire très (trop) schématique, les 2 derniers vers du 1er haïku sont les 2 premiers du 2ème, etc... Les règles en sont en fait beaucoup plus codifiées. Bref, ce film, basé sur les haïkus composant ce renku, réunit plein de talentueux animateurs, essentiellement asiatiques, mais pas que. Ainsi, on retrouve des gens comme Youri Norstein, Bretislav Pojar, Raoul Servais, Alexander Petrov...
J’ai retenu quelques uns de ces “chaînons” : en question, Bretislav Pojar et ses marionnettes tchèques, en indice 1, Yuko Asano et en indice 2, Isao Takahata, mais ils sont presque tous surprenants, drôles, poétiques… A découvrir impérativement.

Lylah Clare
24
Quel film ?
3 pt.
*
2 pt.
1 pt.
* Format IMDb : 1.85 : 1
Faut-il tuer Sister George ? (The Killing of Sister George) imdb
de Robert Aldrich (1968)

Le gros Bob a toujours été un admirateur inconditionnel de « All about Eve » de Mankiewicz . Après s’être attaqué au monde impitoyable des studios holllywoodiens avec « The Big Knife » et « The Legend of Lylah Clare », il signe ici une charge contre la télévision, encore plus féroce car aucun élément glamour ne vient contrebalancer la noirceur du propos. June Buckridge, actrice mûre, interprète le rôle d’une soeur épatante dans un soap dégoulinant de bons sentiments, très apprécié des téléspectateurs. Le problème avec June, c’est qu’elle est dans la vie une mégère alcoolique, déplaisante avec tous et tyrannique en particulier avec son amante plus jeune (Susannah York - indice 2). Ses excès sur la voie publique (indice 1) provoquent des réclamations auprès de la chaîne qui produit ce feuilleton, qui décide de se débarrasser de son personnage. A la découverte de cette nouvelle vient s’ajouter l’abandon par sa compagne.
Les origines théâtrales du sujet se ressentent assez fortement, mais Aldrich a explicité le lesbianisme qui n’était que suggéré dans la pièce d’origine, ce qui a valu au film d’être inquiété par la censure (il a réchappé de justesse à la classification X). Aldrich n’a jamais fait dans la dentelle, et ce film ne déroge pas à la règle. Tout y est outrancier, à commencer par le jeu des acteurs. Mais pour le cinéaste, c’est la sobriété qui est l’artifice, l’hystérie permettant a contrario de s’approcher au plus près de la justesse des personnages. Si le film ne débouche pas ici sur une mise à mort réelle, on assiste bel et bien à une mise à mort symbolique, Sister George finissant écrasée sous un camion (!). June se verra réduite à accepter de prêter sa voix pour une publicité, tenant le rôle d’une vache (!!). Le cinéma d’Aldrich, vigoureux et révolté, est un cinéma de crise, et cette vision très « camp » du paysage audiovisuel étazunien reflète avant tout la brutalité de la société, hypocrite dans sa bien-pensance, dans laquelle évolue l’héroïne. A éviter quand même si vous n'aimez que le cinéma très distingué.

Lylah Clare
25
Quel film ?
3 pt.
2 pt.
1 pt.
Valérie au pays des merveilles (Valerie a týden divu) imdb
de Jaromil Jires (1970)

Entre la réalité et le rêve, entre l’horreur et l’humour, Valérie, treize ans, vit presque une double vie. Le matin, elle prend son petit déjeuner avec sa grand-mère, comme tout le monde, mais la nuit, elle est témoin d’évènements extraordinaires. Elle rencontre différentes personnes, des êtres gentils, bons, fous ou méchants. Sa grand-mère se révèle une amoureuse lubrique, Olrik, le jeune homme inconnu (qui est en fait son frère) et l’évêque-vampire jouent un jeu bizarre et dangereux. Valérie elle-même, offerte à toutes les concupiscences, se transforme en une figure ambiguë qui inspire plus le vice que la vertu.
Écrit en 1935 pendant la période surréaliste du poète Vítezslav Nezval, le film de Jaromil Jireš - que l'on attendait pas vraiment dans le registre du fantastique, est une euphorie lyrique dans laquelle le spectateur bascule dans une sorte de rêve éveillé sans pouvoir démêler les fantasmes de l’adolescente d’avec la réalité.
Le film est réalisé en 1970,au moment où la grande période de la Nouvelle vague tchèque commence à décliner, étouffée par le manichéisme politique communiste qui s'installe peu après les événements du Printemps de Prague. L'esthétisme particulière du film qui oscille constamment entre le conte de fée fantastique et le film d'horreur gothique, doit également beaucoup à la conjonction gagnante de ses éléments artistiques : la photographie de Jan Curík, les costumes de la plasticienne Ester Krumbachová, ou encore la musique magnifique de Luboš Fišer, une figure marquante de la musique contemporaine Tchèque. Le film témoigne encore d'une liberté de ton formelle que le cinéma tchèque ne retrouvera malheureusement plus par la suite et le réalisateur, une personnalité importante de la nouvelle vague, aux côtés de Miloš Forman et Vera Chytilová fera par la suite des films beaucoup plus inconsistants.

Julien et L.C.

Lylah Clare
26
Quel film ?
3 pt.
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Voyage en sol majeur imdb
de Georgi Lazarevski (2006)

"Mon grand-père rêvait d'aventures". L'aventure d'Alice, son épouse, est la recherche incessante de la chaise parfaite. Et Aimé, qui a passé quatre décennies préparant son grand voyage au Maroc qu'il n'a jamais osé entreprendre, suit la grand-mère de magasin en magasin essayant des fauteuils avec un geste déconcerté. Mais à ses 91 ans, Aimé décide de réaliser son rêve: en compagnie de son petit-fils, le directeur Georgi Lazarevski, il visitera enfin le Maroc.

Cette histoire simple est celle que nous raconte ce documentaire, que j'ai découvert dans le modeste festival de cinéma de ma commune, qui m'avait ému profondément.

Nous ne savons pas pourquoi Aimé fait le pas, mais il est impossible de ne pas s'en réjouir et de ne pas sympathiser avec lui. Avec son enthousiasme, son émotion (à nouveau enfantine, à nouveau surpris devant tout) et son bon-vivant, il réveille une grande tendresse. Et durant le voyage il revoit sa vie, la frustration causée par sa timidité et les opportunités perdues (on parlerait presque de perplexité, lui-même ne comprend pas pourquoi il n'a pas été plus courageux), représentées dans ce solo de violon qu'il n'a jamais eu le courage de demander. Et puis Aimé a laissé tant de rêves inaccomplis: il aurait aussi voulu être gardien de phare (mais il aurait dû être célibataire pour cela). Néanmoins, à sa grande surprise, de la même façon qu'il a ouvert son appétit au Maroc, il découvre (et nous fait découvrir) qu'il n'est jamais trop tard pour changer.

"Voyage en sol majeur" laisse une saveur aigre-douce, comme presque tout ce qui est véritable. La proximité de la mort ternit parfois le bonheur du voyage, et le réalisateur –son petit-fils– ne sait pas quoi dire. Pendant ce temps, Alice nous parle de son amour... la musique, et nous voyons comment durant cette longue vie commune les passions n'ont pas été partagées. Les grossissimes plans de la figure vieillie d'Alice semblent cruels, mais c'est sûrement moi qui ai pris décidément partie pour Aimé, et qui ai sympathisé avec sa petite mais grande cause (vivre!).

Oui, comme nous tous, Aimé a tant de rêves inaccomplis, il aurait aussi voulu laisser une empreinte, quelque chose de précieux derrière lui. Tu as réussi, Aimé: "Voyage en sol majeur" est une de ces œuvres qui font que le monde soit un peu meilleur.

P.S.: Cette année Lazarevski est revenu dans notre commune pour le festival, et, combattant ma timidité, moi aussi, je me suis dirigé à lui. Il n'est jamais trop tard pour changer.

Doctor Slump
27
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eXistenZ imdb
de David Cronenberg (1999)

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Doctor Slump
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Le château ambulant (Hauru no ugoku shiro) imdb
de Hayao Miyazaki (2004)

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Doctor Slump
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Big Fish imdb
de Tim Burton (2003)

"Big Fish" ne devrait pas être jugé d'après les histoires racontées par Edward Bloom. Celles-ci ne sont pas les histoires de Tim Burton (ni de Daniel Wallace, l'auteur du roman): ce sont seulement celles d'Edward, et si certaines sont un peu bêtes, si le personnage est irritant, c'est parce que nous le voyons à travers les yeux d'un fils qui s'est éloigné et qui est honte de lui. La richesse de "Big Fish" n'est pas dans le déploiement visuel ou imaginatif (un Burton cette fois-ci beaucoup plus lumineux; j'insiste: le mauvais goût de certains passages du film ne provient pas de lui, le narrateur est un Bloom amoureux), mais dans les thèmes qu'il touche: la relation entre William et son père, la différence (et la confusion) entre le mensonge et la fantaisie, et son acceptation (ou pas) du prosaïque dans notre vie, la recherche de la transcendance pour échapper à la mort, la difficulté de grandir et de mûrir sans perdre l'innocence. Et William Bloom, qui a renié son père parce que celui-ci lui a refusé la dose de réalité qu'il exigeait, termine par compléter le récit d'Edward à sa demande: il écrit sa fin (sa mort).

Nous sommes ce que nous vivons et aussi comme nous le racontons. La capacité de fabulation, comme le rire, comme la conscience de notre mortalité, est ce qui nous rend humain. Même pour celui qui devient un gros poisson et devient un mythe.

Doctor Slump
30
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Brick imdb
de Rian Johnson (2005)

"Brick" est essentiellement du cinéma noir transposé à l'ambiance et aux personnages du lycée. Tous les topiques du genre sont présents: le détective cynique, l'amour passé qu'il retrouve, la femme fatale (les deux femmes fatales), le dur, le gangster, le crime, l'ami resté dans l'ombre, la violence, les mensonges, les silences, le double jeu, la trame compliquée... tous rajeunis et dans un nouveau scénario. Le plus surprenant dans "Brick" c'est que ça marche! Non pas comme parodie ou sorte de régurgitation post-moderne mais comme un revisitation respectueuse mais avec un air de fraicheur, que pourraient avoir signé Hammett ou Chandler ou qui pourrait avoir été filmé par les frères Coen (peut-être avec l'aide de David Lynch).

Le débutant Rian Johnson dirige avec conviction (c'est son solide scénarioe) et talent. Du talent pour contourner les pénuries budgétaires et montrer une mise en scène inquiétante, froide et désolante. Ce lycée n'a rien à voir avec les autres; le silence est oppressif et dans les couloirs vides du lycée résonnent les pas qui guettent, dans les espaces ouverts les protagonistes deviennent plus petits, telles de minuscules pièces dans un jeu amer.

Cet "outsider" qui se voit obligé à intervenir, nous donne aussi envie de monter le col de notre veste et de mettre les mains dans nos poches. Un vent glacial souffle et nous sommes seuls.

Doctor Slump
à Kronos...