Il s'agit d'une semaine
"Glissements Progressifs du Plaisir"
La semaine comporte 18 questions.
Chaque question terminée - trouvée ou non - fait apparaître une nouvelle question.
La semaine 8 est terminée
1
Quel film ?
Le Sexe Qui Parle
de Claude Mulot (1975)
Xtof, qui est bien plus âgé que moi, m’a recommandé cette œuvre en me disant que dans les films X des années 70 et bien, on savait rigoler.
Force est de constater que le bougre a bien raison ! Mais comment avoir eu l’idée d’un scénario pareil.
Une femme dont la libido est en berne depuis un moment (son mari la délaisse) se rend compte que son sexe se met à parler et lui débite les pires insanités et la pousse à commettre toutes les perversions. On trouve ici le grand fantasme du film porno des années 70 à savoir la bourgeoise lubrique ; mais, par ailleurs, ce film curieux peut-être vu comme féminisme avant l’heure ; en effet, il se penche sur la sexualité féminine via les souvenirs de l’héroïne sur sa jeunesse. En tout cas, ce que l’on retient du sexe qui parle c’est son humour ; comment rester de marbre face à cette voix nasillarde (on pense à Arletty ou bien au tueur à la voix de canard dans L’éventreur de New York de Fulci).
De même les plans subjectifs de l’intérieur du vagin (cf question) sont hallucinants (là aussi, d’où est née cette idée ?).
Bref, Le sexe qui parle est un grand moment de pantalonnade qui montre que pendant ces années 70, certains réalisateurs de films pornos savaient faire preuve d’originalité et de recherche (ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, snirf**…).
Pour terminer je laisse la parole au camarade Xtof qui saura dégager la substantifique moelle du film.
« Ce film m’a foutu la gaule » Xtof.
** "Fais-nous croire, ça !, Clark, alors que j'ai vu chez toi les intégrales en DVD de Marc Dorcel et de JNRC que t'avait prêtées un certain Philippe B. contre "services" rendus. Honte à toi !" :Xtof
Clark
2
Quel film ?
*
* Format IMDb 2.35:1
Belfagor le Magnifique (L'Arcidiavolo)
de Ettore Scola (1966)
Librement inspiré d'un récit de Machiavel, "L'Arcidiavolo" est un film peu connu d'Ettore Scola. L'histoire a lieu en Italie au quinzième siècle : Belfagor (Vittorio Gassman),"archidiable" au service de Satan, est envoyé sur terre en compagnie du diablotin Adramalek (Mickey Rooney, avec Gassman sur le deuxième indice). Les deux démons ont pour mission de provoquer une guerre entre Rome et Florence afin de remplir les enfers, désertés en temps de paix. Belfagor usurpe l'identité d'un prince romain promis à Maddalena (Claudine Auger), fille deLaurent le Magnifique, et se rend à la cour des Médicis. Appliqué à semer la zizanie, il n'aura cesse de multiplier les provocations et ira jusqu'à dénuder intégralement sa belle en place publique (indice n°1). Malgré les apparences, le sujet est traité sur le ton de la farce et Gassman en profite pour déployer son incroyable talent burlesque (parfois épuisant). Scola utilise avec goût la beauté des décors florentins, prend quelques libertés avec la vérité historique — les inventions de Leonard de Vinci sont exploitées à des fins inattendues (question) — et livre au final une belle comédie, pleine de surprises et de rebondissements. Pour les mélomanes, la bande originale d'Armando Trovaioli est une pure merveille.
Prince Mishkin
3
Quel film ?
Le vase de sable (Suna no utsuwa)
de Yoshitaro Nomura (1974)
Quel film envoûtant est ce Vase de Sable ! A travers une enquête policière des plus ordinaires – un meurtre a été commis (l’indice 1) –, il nous donne à nous immiscer progressivement dans l’histoire de la victime pour y découvrir le meurtrier. La démarche de Yoshitaro Nomura – ancien réalisateur assistant de Akira Kurosawa – est assez virtuose, les choses se mettant en place progressivement, tel un tableau impressionniste dont le pointillisme ne révèlera sa forme définitive qu’une fois terminé. Cette histoire – longue de près de 2h20 à l’écran – nous emmène dans la géographie variée du Japon et son histoire passée. On y perçoit des choses très rares sur la multiplicité culturelle du Japon, ses dialectes, sa ruralité, le Sud et le Nord. Le scénario – adaptation du roman éponyme de Seicho Matsumoto – s’appuie aussi sur quelques aspects finement choisis de l’histoire japonaise, par exemple la destruction des actes de naissance et les changements d’identité liés à la guerre.
Le puzzle que tentent de recomposer les deux policiers chargés de l’enquête (l’indice 2) devient de plus en plus passionnant et prenant au fil des minutes. Il est parachevé par 45 dernières minutes bouleversantes, telle l’apothéose d’un crescendo, où la reconstitution de l’enquête se mêle à un concert de musique (la question) et de flash-back, dans un temps (presque) réel déconcertant. A couper le souffle !
Scalpaf
4
Quel film ?
Martyrs
de Pascal Laugier (2008)
Tout le monde ici ou là a craché sur Martyrs, film jugé « ignoble » et « prétentieux » jusqu’à de par chez nous, sous la plume d'un joueur pourtant friand de films dégueu-beurk. Imaginez un boucher vomissant sur des tripes, bizarre, non ? Le problème avec Martyrs tient en quelques adjectifs : c’est un film flippant, glauquissime, totalement premier degré et sans espoir de salut. En gros, l’une des définitions possibles du film d’horreur. Or, depuis quelques années, on préfère les frissons ironiques ou les abominables merdouilles pseudo-sociales anglaises genre Creep ou Isolation (et aussi sur le mode « Dr Freud, je crois que ma chatte débouche sur l’Enfer », l’ultra-surestimé The Descent). Rien de tout ça chez Pascal Laugier qui se paie le luxe de réaliser un remake cheap et totalement réussi de Saint-Ange, son premier film totalement raté quoique nageant dans l'opulence. Ce qui fait que l’on a une petite passion pour Martyrs, c’est aussi l’influence hénaurme de notre bien-aimé Georges Franju cité clairement à au moins deux reprises. Comme Franju, Laugier est du côté des deux malheureuses – les couillues Mylène Jampanoi et Morjana Alaoui (la seconde ayant payé de plusieurs fractures son engagement dans le film). Mais à la différence de Franju, cela se voit un peu moins, ce qui rend le film troublant et absolument conseillable. A déconseiller toutefois aux âmes fragiles et aux parturientes.
Xtof et Clark (ce bulot satanique !)
Xtof
5
Quel film ?
Adaptation
de Spike Jonze (2002)
Doctor Slump
6
Quel film ?
Aventures Fantastiques (Vynalez zkaky)
de Karel Zeman (1958)
J'ai découvert ce film au cours d'une projection scolaire à la MJC du Havre en 1979. Vu qu'à l'époque, IMDb n'existait pas encore, il m'a fallu plus de vingt ans pour retrouver la trace de ce chef-d'œuvre. Je ne regrette pas le temps perdu, ça en valait la peine. D'une beauté plastique à couper le souffle, cette adaptation de Jules Verne (indice n°2) étonne encore aujourd'hui par son intelligence et sa modernité. Histoire de pirates (question) réfugiés dans les fonds marins, on devine que l'univers de Karel Zeman a beaucoup influencé "La Vie Aquatique" de Wes Anderson (indice n°1).
Prince Mishkin
7
Quel court-métrage ?
Le Mozart des pickpockets
de Philippe Pollet-Villard (2006)
Mrs Muir
8
Quel film ?
Lost in La Mancha
de Keith Fulton & Louis Pepe (2002)
Doctor Slump
9
Quel film ?
Eldorado
de Bouli Lanners (2008)
Scalpaf & Clark
10
Quel film ?
Otto; or, Up with Dead People
de Bruce La Bruce (2008)
Le retour de l’Etrange festival a permis de faire encore de belles découvertes. C’est le cas avec le nouveau Bruce La Bruce : Otto, up with dead people.
Pas encore distribué (le sera-t-il un jour ?) mais montré dans différents festivals ; Otto… raconte les tribulations d’un pauvre zombie solitaire, errant dans les rues de Berlin à la recherche d’amour masculin.
Otto va finir par rencontrer une réalisatrice de films X d’Avant-garde (!!!) qui l’embauche pour son nouveau projet (un film de zombie, justement). Pour Otto, l’occasion est trop belle, comment passer inaperçu pour un zombie ? Et bien en étant acteur pour un film de zombie, pardi !
Beaucoup plus maîtrisé que son film le plus célèbre : Hustler white (ses autres films sont pratiquement invisibles) ; Otto… est un cocktail détonant qui n’hésite pas à mélanger l’horrifique, l’érotisme, le sentimental et l’humour (Il faut voir comment La Bruce pastiche les films de Maya Deren !).
Bruce La Bruce se sert de la figure du zombie pour parler de l’exclusion et de la marginalité ; la grande force de son film est de faire du personnage d’Otto une figure attachante et touchante (le spectateur est du côté du zombie).
Bruce La Bruce est en train de préparer un nouveau film de zombie ; cette fois cela va se passer à Los Angeles. Espérons que son prochain projet soit aussi original (on peut lui faire confiance) et émouvant qu’Otto, up with dead people.
Clark
11
Quel film ?
L'iceberg
de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy (2005)
Non, le burlesque n’est pas mort ! Un duo d’allumé belge continue à porter fièrement le flambeau.Dominique Abel et Fiona Gordon ont été élevé à la bonne école : celle du clown. Ils se sont rencontrés en cours et puis coup de foudre. Ils ont alors monté un duo : Abel et Gordon, plusieurs spectacles ont tournés dans de nombreux théâtres.
Avec l’aide de Bruno Romy ; le duo s’est lancé dans le cinéma et après s’être fait la main sur quelques courts ; le nouveau trio passe au long avec L’Iceberg.
Fiona est manager dans un fast-food ; après avoir passé la nuit accidentellement dans la chambre froide, Fiona n’a qu’une seule obsession : voir un iceberg.
C’est donc le point de départ de cette histoire farfelue où on va croiser un mari amoureux un brin dépressif (indice 1) et un marin sourd et muet (indice 2).
Bon, on ne va pas écraser le film sous les références (Tati, Etaix…) mais juste dire que le trio belge s’inscrit dans un comique visuel où la parole est peu présente.
L’Iceberg est un film poétique, d’une profonde humanité.
Outre Dominique Abel et Fiona Gordon ; le casting compte un autre clown ; le grand Philippe Martz (dans le rôle du marin) qui fait parti du duo BP Zoom, toujours en activité.
Clark
12
Quel film ?
Breezy
de Clint Eastwood (1973)
Mrs Muir
13
Quel film ?
Scott Walker : 30 Century Man
de Stephen Kijak (2006)
Noel Scott Engel, plus connu sous le nom de Scott Walker, est un véritable OVNI dans le paysage musical contemporain. Après avoir débuté en 1965 au sein d'un groupe pour midinettes, les Walker Brothers, il choisit de tourner le dos au succès facile et enregistra en solo quatre albums prodigieux. L'intégrité artistique se paie aux prix fort et, face à des chiffres de vente ridicules, Walker dut courir le cachet au cours de la décennie suivante (albums de reprises, tournées alimentaires en compagnie de son ancien groupe). A partir des années 80, il décida de s'absenter et disparut littéralement de la circulation. En 25 ans, Scott Walker est revenu livrer trois disques déconcertants — parfois inaudibles —, a travaillé sur quelques bandes originales ("Pola X", "Toxic Affair") et s'est occupé d'écrire ou de produire pour d'autres (notamment "We Love Life", le dernier album de Pulp... qui fut un échec commercial). Réputé mystérieux et difficile, Scott Walker a accepté en 2006 de raconter son parcours au réalisateur Stephen Kijak (question). Avec beaucoup de simplicité et de modestie, il revient sur son passé de beau ténébreux (indice n° 1) et se laisse filmer en studio pour l'enregistrement de son dernier album, "The Drift". Ces séances constituent un sommet d'excentricité, où l'on découvre les méthodes de travail atypiques du chanteur. Le documentaire est ponctué d'images d'archives et d'hommages émus de stars de la pop anglaise, venues témoigner leur admiration (David Bowie, Jarvis Cocker, Alison Goldfrapp, Marc Almond, Brian Eno, Johnny Marr, Damon Albarn... et même Sting !). Un dernier mot sur le titre du film : "30 Century Man" est une chanson acoustique sur les bienfaits de la cryogénisation, tirée de l'album "Scott 3" et qui fut utilisée par Wes Anderson sur la bande sonore de "La Vie Aquatique" (indice n°2).
Prince Mishkin
14
Quel film ?
Très bien, merci
de Emmanuelle Cuau (2007)
Mrs Muir
15
Quel film ?
Baïonette au canon (Fixed Bayonets!)
de Samuel Fuller (1951)
Baïonnette au canon est un film de guerre vu de l’intérieur d’une patrouille américaine en mission d’arrière garde pendant la guerre de Corée. On retrouve la précision journalistique du Samuel Fuller reporter de guerre, narrant tout autant les conflits intérieurs – et aussi psychologiques – inhérents à la vie des hommes au sein de la patrouille, que le conflit extérieur et la menace permanente de l’ennemi. On sent un certain vécu de la guerre dans la manière de filmer de Fuller, même s'il s'agit ici d'une adaptation littéraire. Pas de grand discours, juste des faits, dans leur simplicité mais aussi toute leur cruauté. C'est efficace, des soldats échappant comme ils peuvent au hasard des bombardements, arpentant les contreforts neigeux pour finalement trouver refuge dans une grotte d'infortune, tels des rats. Quelle tension, même les stalactites deviennent des ennemis à abattre ! Fuller réussit génialement bien à retranscrire la tension "intérieure", celle que les soldats emmagasinnent et qui pourrait les faire imploser. Plusieurs scènes sont carrément mythiques de ce point de vue, deux me viennent à l'esprit comme ça : une scène à couper le souffle (et pas seulement) dans un champs de mine, chaque pas posé est un supplice; et cette scène de face à face (l'indice 1) où on retient énormément son souffle skotché au fond du fauteuil. Même les moments quotidiens en apparence plus anodins ont leur part d'animalité, que ce soit dans les gestes de soins (l'indice 2) ou dans le partage de la galère et du froid (la question). Et nous sommes des petits animaux avec eux dans ce film. Merci Monsieur Fuller.
Scalpaf
16
Quel film ?
La septième victime (The seventh victim)
de Mark Robson (1943)
Lylah Clare
17
Qui est-ce ?
***
*** Cette femme politique a un lien de parenté avec l'actrice à deviner
Dominique Laffin
Voir il y a quelques mois le documentaire de Dominique Perrin, « Dominique Laffin, portrait d’un enfant pas sage » a rappelé à notre bon souvenir cette actrice trop tôt disparue. Diamant félé comme sa belle voix rauque avec ce côté borderline dont une Béatrice Dalle aura joué au-delà du supportable, Dominique Laffin était tout simplement l’actrice la plus mystérieuse du début des années 80. Que retenir de sa carrière météorique ? On ne voue aucune passion à la Femme qui Pleure, énième Doillon hurlard. Le Miller - Dîtes-lui que je l’aime - a plus de gueule, mais son rôle est secondaire. On évitera la purge qu’est le Ferreri, Pipicacadodo, au nom prédestiné. Passage Secret, découvert récemment, est une curiosité, mais rien de plus. Que restera-t-il alors ? A notre humble avis, le très remuant Félicité de Christine Pascal dont le premier plan nous fait toujours frissonner et, surtout, le plus beau film de Catherine Breillat, Tapage Nocturne, où fragile, hystérique et touchante à la fois, elle est tout simplement INOUBLIABLE (précisons qu’une courte scène de lit la met en présence de Gérard Lanvin jeune également dans son meilleur rôle, et pour cause, on ne le voit à poil que 5 minutes - dommage que sa carrière à lui ait continué)
Xtof, qui est bien plus âgé que moi, m’a recommandé cette œuvre en me disant que dans les films X des années 70 et bien, on savait rigoler.
Force est de constater que le bougre a bien raison ! Mais comment avoir eu l’idée d’un scénario pareil.
Une femme dont la libido est en berne depuis un moment (son mari la délaisse) se rend compte que son sexe se met à parler et lui débite les pires insanités et la pousse à commettre toutes les perversions. On trouve ici le grand fantasme du film porno des années 70 à savoir la bourgeoise lubrique ; mais, par ailleurs, ce film curieux peut-être vu comme féminisme avant l’heure ; en effet, il se penche sur la sexualité féminine via les souvenirs de l’héroïne sur sa jeunesse. En tout cas, ce que l’on retient du sexe qui parle c’est son humour ; comment rester de marbre face à cette voix nasillarde (on pense à Arletty ou bien au tueur à la voix de canard dans L’éventreur de New York de Fulci).
De même les plans subjectifs de l’intérieur du vagin (cf question) sont hallucinants (là aussi, d’où est née cette idée ?).
Bref, Le sexe qui parle est un grand moment de pantalonnade qui montre que pendant ces années 70, certains réalisateurs de films pornos savaient faire preuve d’originalité et de recherche (ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, snirf**…).
Pour terminer je laisse la parole au camarade Xtof qui saura dégager la substantifique moelle du film.
« Ce film m’a foutu la gaule » Xtof.
** "Fais-nous croire, ça !, Clark, alors que j'ai vu chez toi les intégrales en DVD de Marc Dorcel et de JNRC que t'avait prêtées un certain Philippe B. contre "services" rendus. Honte à toi !" :Xtof